Dans quelle mesure l'allélopathie peut-elle contribuer à réguler les adventices au champ ? C'est une question controversée qui revêt un intérêt majeur en agroécologie. Quantifier ces effets présente toutefois une difficulté : dissocier les effets de l'allélopathie de ceux de la compétition pour les ressources (lumière, eau et minéraux).
Une revue systématique de la littérature scientifique a visé à déterminer s'il existe des éléments de preuve au champ des effets de l'allélopathie générée par des plantes cultivées vivantes sur la régulation des adventices, indépendamment de la compétition. Pour se prémunir le plus possible des effets de la compétition, la recherche bibliographique s'est focalisée sur des études étudiant les effets de l'allélopathie et comparant différentes variétés d'une même espèce cultivée, et une méthode d'analyse a été développée pour discriminer les deux effets.
Dans un grand nombre d'articles scientifiques sur les effets de l'allélopathie au champ, le rôle de la compétition est ignoré ou insuffisamment caractérisé par les auteurs. Ainsi, il n'est pas possible de déterminer si, dans ces études, la régulation des adventices est vraiment due à l'allélopathie. In fine, seuls sept articles fournissent des éléments de preuve des effets de l'allélopathie par les plantes cultivées dans la régulation des adventices au champ. Mais, même dans ces articles, des effets de la compétition ne peuvent pas être totalement exclus. Ce travail pointe la nécessité d'être prudent lors de la lecture d'articles rapportant des effets de l'allélopathie au champ. De nouvelles expérimentations pourraient être menées en s'appuyant sur les recommandations formulées à la suite de cette étude.



