Lors de la conférence qui s’est déroulée au Salon International de l’Agriculture le 24 février, les premiers résultats des projets Gramicible et Gramicombi ont été présentés. Ils sont centrés sur les graminées fourragères, avec l’objectif de renforcer l’autonomie fourragère et la durabilité des systèmes d’élevage, dans le contexte du changement climatique.
Les projets ont mis en évidence une vision commune visant à renforcer durablement la souveraineté alimentaire française autour de quatre axes majeurs : renforcement de l’autonomie agricole, structuration et coordination des filières, transition vers des modèles durables et performants et vision stratégique et politique à long terme.
Réduire les dépendances
L’objectif prioritaire est de réduire les dépendances aux importations, notamment pour les intrants stratégiques (alimentation animale, protéines, énergie), afin de sécuriser la production nationale et améliorer la résilience des filières. Les échanges ont souligné la nécessité de mieux articuler production, transformation et distribution, avec une coopération renforcée entre agriculteurs, industriels, pouvoirs publics et consommateurs, dans une logique de chaîne alimentaire intégrée.
Les orientations privilégient une évolution des pratiques agricoles conciliant performance économique, qualité sanitaire, traçabilité des produits et préservation des ressources naturelles (sols, eau, biodiversité). Une stratégie nationale cohérente et stable est nécessaire, intégrant politiques agricoles, soutien économique, innovation, et adaptation aux enjeux climatiques et géopolitiques, sur un horizon de dix ans.
Ces deux projets s’inscrivent dans les objectifs de souveraineté alimentaire, de transition agroécologique et de résilience des systèmes d’élevage.
- Gramicible : L’objectif principal est d’identifier et promouvoir des graminées fourragères cibles présentant une meilleure adaptation aux conditions climatiques actuelles et futures, notamment en réponse aux épisodes de sécheresse, aux températures élevées et au stress hydrique. Les axes de travail porteront sur l’évaluation de différentes espèces et variétés de graminées, l’analyse de leur résilience, de leur productivité et de leur valeur alimentaire, ainsi que sur leur adaptation aux systèmes herbagers et aux spécificités territoriales. L’objectif est de réduire la dépendance aux fourrages importés. Le principal enjeu de ce projet est d’assurer la pérennité et la stabilité de la production fourragère dans un contexte de changement climatique.
- Gramicombi : Il s’agit d’étudier et développer des associations de graminées (et parfois avec des légumineuses) afin de combiner leurs atouts agronomiques. Les axes de travail se concentreront sur l’expérimentation de mélanges d’espèces susceptibles d’améliorer la stabilité des rendements, une meilleure exploitation des ressources (eau, azote) ainsi que de la qualité nutritionnelle des fourrages et une diminution des intrants (engrais, compléments protéiques). L’enjeu clé sera de concevoir des prairies plus robustes, productives et durables.



