Le déploiement de variétés végétales résistantes sur de grandes surfaces génère d'importantes pressions de sélection sur les populations de pathogènes, pouvant conduire au contournement ou à l'érosion des résistances. Des stratégies existent pour limiter ces risques, à l'échelle génétique mais également à l'échelle de la parcelle.
Le site du Yuanyang, en Chine, avec plus de 195 variétés de riz répertoriées dont certaines sont cultivées depuis plus de 300 ans, a fait l'objet d'une étude dans le cadre du projet « Riz éternel ». Ce projet multidisciplinaire regroupant des généticiens des plantes, des biologistes des populations d'agents pathogènes et des chercheurs en science de gestion, avait pour objectifs de caractériser la diversité cultivée du riz dans ce site, et de comprendre les impacts de cette diversité sur la dynamique des maladies. En effet, si les maladies fongiques habituelles du riz y sont détectables, notamment la pyriculariose (causée par le champignon Pyricularia oryzae), aucune crise sanitaire majeure n'a jamais été rapportée dans ces terrasses.
L'étude a permis de valider la stratégie consistant à cultiver ensemble des plantes aux systèmes immunitaires contrastés pour préserver la durabilité des résistances variétales. Grâce à la diversité d'hôtes exceptionnelle au sein des riz cultivés indica, l'agent pathogène ne parvient pas à s'adapter. Dans cette approche, les réseaux d'échanges de semences jouent un rôle essentiel et permettent de tirer profit de la coévolution plantes/pathogènes afin d'optimiser le triptyque durabilité/efficacité/acceptabilité.



