Au cours du processus d'intensification, l'agriculture est devenue extrêmement dépendante de la protection chimique contre les maladies et ravageurs. Pour sortir de cette dépendance, il est indispensable de valoriser la résistance des plantes aux bioagresseurs, basée sur l'immunité végétale. Il faut pour cela résoudre le problème du contournement de cette résistance.

Deux voies complémentaires sont à considérer pour augmenter la durabilité de la résistance variétale : développer des supports génétiques plus complexes, notamment associés à une résistance quantitative, et développer une gestion des résistances à l'échelle des paysages cultivés, qui aurait le potentiel d'abaisser globalement le risque épidémique, comme le montrent aussi bien des analyses de données que des approches théoriques. La mise en pratique d'une telle approche demandera de trouver des modes d'organisation adaptés et acceptables, en mobilisant une démarche interdisciplinaire et une co-construction avec les parties prenantes.