e nombreuses études ont démontré que les mélanges variétaux limitent le développement des épidémies fongiques.
Les mélanges ont un effet quantitatif sur la sévérité de septoriose du blé à l'échelle de la parcelle au cours d'une saison, et constituent une réponse efficace aux enjeux de performance agronomique. Les mécanismes épidémiologiques impliqués sont bien documentés (voir article p. 20). Les mélanges variétaux induisent également des effets qualitatifs sur les populations pathogènes, moins visibles mais tout aussi cruciaux. Ces effets, à bénéfice différé, contribuent à des objectifs de durabilité en influençant la composition génétique de la population pathogène. Ils pourraient jouer un rôle-clé dans la dynamique de contournement des résistances variétales, en modifiant notamment la fréquence des virulences via des mécanismes spécifiques, dont certains sont liés à la phase de reproduction sexuée.
? partir de résultats expérimentaux récents et de projets de recherche en cours, nous postulons qu'associer des variétés est d'autant plus intéressant que leurs sources de résistance sont complémentaires. Nous proposons des pistes pour optimiser à la fois l'efficacité des mélanges à court terme et rendre plus durables les résistances des variétés qui les composent. Nous nous appuyons pour cela sur une compréhension fine des mécanismes épidémiologiques et des principes d'immunité végétale. L'objectif est de pouvoir accompagner, voire de piloter, l'évolution des populations pathogènes afin de renforcer la résilience des systèmes agricoles face aux maladies.



