Les deux derniers rapports de l'Efsa (European Food Safety Authority) datant de 2013 et 2018 soulèvent le manque crucial de données pour évaluer le risque lié à l'utilisation du cuivre comme produit phytopharmaceutique.
En juin 2020, le bureau d'étude Novasol Experts a lancé une étude de la littérature scientifique pour tenter de répondre aux interrogations des différentes parties prenantes.
Les rares études qui apportent des éléments de réponse à la question de l'impact écotoxicologique du cuivre accumulé dans les sols s'intéressent uniquement aux micro-organismes du sol et aux collemboles. Les micro-organismes sont affectés à partir de teneurs critiques de 200 kg de cuivre/ha (50 mg Cu/kg de sol). ? ces teneurs, la respiration microbienne est réduite de 50% indiquant une baisse de l'activité microbiologique dans le sol. Bien qu'un certain nombre de sols viticoles français n'atteignent pas ce seuil critique de 200 kg/ha, d'autres sols présentent des teneurs en cuivre bien plus élevées jusqu'à 3'200 kg/ha (800 mg/kg de sol) et constituent donc des sols particulièrement sensibles.
Les collemboles, eux, ne semblent pas affectés par des teneurs en cuivre total allant jusqu'à 11'600 kg/ha (2,9 g Cu/kg sol).
En ce qui concerne l'impact des apports de cuivre, les vers de terre sont les organismes les plus sensibles à de nouveaux apports et leur biomasse est réduite de 15% à partir d'une dose de 200 kg Cu/ha. Les micro-organismes du sol sont résistants jusqu'à des doses de 400 kg/ha et les impacts les plus précoces sont relevés sur les activités microbiennes avec une chute de 30%. Le seuil critique de 400 kg Cu/ha s'applique également aux collemboles qui subissent alors une baisse de reproduction de 50%. Les enchytrées (petits vers ronds et blancs) sont plus résistants avec une dose critique de 1'895 kg Cu/ha, induisant également une baisse de reproduction de 50%. Les nématodes ne semblent pas être affectés par l'apport de cuivre pour des doses allant jusqu'à 3'200 kg/ha. Au bilan, la qualité biologique des sols (tout organisme confondu) commence à être affectée à partir de 200 kg/ha de cuivre apporté en conditions de laboratoire (un seul apport, forte dose, mesure à court terme).



