La fusariose de l'épi est une maladie du blé induite par un complexe d'espèces de champignons des genres Fusarium et Microdochium, aux caractères épidémiologiques différents, productrices ou non de toxines. Ces espèces n'ont pas la même sensibilité intrinsèque aux fongicides et certaines ont sélectionné des résistances.
L'apparition de ces résistances et la réduction programmée de l'usage des produits phytosanitaires ont conduit Arvalis-Institut du végétal associé aux unités Bioger et MycSA, de l'Inra, à proposer le projet de recherche « EcoFusa » dans le cadre de l'appel à projet « Recherche finalisée et innovation des instituts techniques agricoles », soutenu par le Casdar.
L'un des trois axes de ce projet concerne la lutte directe : optimiser les traitements classiques (chimiques) et évaluer de nouvelles molécules « vertes ». Cet article fait le point sur cet axe.
Il en ressort que :
' parmi les fongicides autorisés, les plus efficaces sur la fusariose préservent le rendement mais pas toujours la qualité sanitaire évaluée par le taux de DON (déoxynivalénol). Certains fongicides préservent à la fois le rendement et la qualité (substances actives citées).
' la forte corrélation positive entre Fusarium graminearum et le taux de DON est confirmée ;
' les fongicides de familles touchées par des résistances de Microdochium sp. (strobilurines et benzimidazoles) exercent une pression de sélection favorisant ces résistances ;
' parmi les biofongicides potentiels testés au laboratoire, deux (acides férulique et caféique) se sont montrés intéressants in vitro (mécanismes identifiés) ; ils n'ont pas confirmé leur intérêt au champ ;
' une méthode de piégeage d'ascospores avec quantification moléculaire des souches a été mise au point ; elle a confirmé l'intérêt du labour contre F. graminearum ; l'analyse des autres résultats est en cours.
Il est prévu des perspectives pour le raisonnement de la lutte en cours de saison (modèles de prévision).



