Un suivi des populations de Phytophthora infestans, agent du Mildiou de la pomme de terre mais aussi de la tomate, est effectué depuis plusieurs années en collaboration entre l'INRA et la Protection des Végétaux. Les résultats obtenus montrent que: -La composition de la population une année donnée dépend peu de celle de l'année précédente; en effet la destruction hivernale de l'essentiel des populations laisse subsister très peu de souches, et ce de façon aléatoire.-A côté des souches de type A1 globalement les plus fréquentes, on note la présence de souches A2, d'abord exclusivement sur tomates en 1995, puis en 1996 surtout sur tomates et exceptionnellement sur pommes de terre de jardins, enfin en 1997 surtout sur tomates mais aussi sur pommes de terre dans quelques parcelles en culture. On peut craindre la production d'oospores, bien qu'on n'en ait pas observé; cela pourrait modifier la dynamique des épidémies d'une façon mal connue et en cours d'étude. -Les souches collectées sur un hôte sont plus pathogènes sur celui-ci que sur l'autre, ce qui freine leur passage d'un hôte à l'autre; mais il est prouvé que ce passage est possible. Les populations de P. infestans semblent plus diverses sur tomate; la présence de tomates (abords de serres et jardins familiaux dans les régions de production de pommes de terre) doit donc être prise en compte en tant que source d'inoculum tout comme celle des repousses et déchets de pommes de terre. A monitoring of French populations of Phytophthora infestans, the agent of late blight of potato and tomato, has been carried out jointly by the National Agricultural Research Institute (INRA) and the Plant Protection Service. The results showed that:
? the composition of the pathogen population in a given year depends little on that in the previous year, probably because most of the population is wiped out during the winter months, while only a few strains survive;
? alongside the dominating A1 type, A2 isolates have been detected in 1995 on tomatoes only, in 1996 on tomatoes and occasionally on potatoes in private gardens, and in 1997 on tomatoes and, in rare instances, in commercial potato crops. There is concern that oospores may be produced, although none have been observed from the samples collected so far. These oospores might influence, in ways still to be determined, the dynamics of the epidemics and, hence, the control strategies required.
P. infestans isolates collected from a given host tended to be more pathogenic to that host, which restricts the possibilities for populations transfers between hosts during the season; however, this transfer is possible, and was shown to occur at low frequencies.
P. infestans populations from tomato appear to be more diverse than those from potato. The presence of tomato (greenhouses, home gardens) in potato-cropping areas therefore needs to be taken into account as an inoculum source, in the same way as potato volunteers and waste piles.