Approuvé comme substance de base en tant qu'éliciteur des mécanismes de défenses contre les champignons et les bactéries pathogènes de la vigne, le chitosane offre des potentialités en protection des cultures qui restent encore peu explorées.

De 2016 à 2022, dans le cadre d'une collaboration de recherche, l'unité mixte de recherche Save de Bordeaux et la société Biolaffort ont étudié l'aptitude des chitosanes de différentes origines à contrôler les maladies de la vigne, en particulier l'eutypiose et l'esca. Trois volets d'étude ont été initiés : des tests in vitro, sur milieux de culture pour des champignons cultivables et sur feuilles en survie pour des parasites obligatoires ; des essais en vignoble sur un modèle « protection des plaies de taille » ; et des analyses au laboratoire pour mieux comprendre le mode d'action.

Les résultats in vitro ont montré un effet du poids moléculaire : les chitosanes de plus petit poids moléculaire sont généralement les plus efficaces sur les champignons testés.
Au vignoble, ce résultat n'a pas été confirmé ; ce sont les chitosanes de poids moléculaire moyen qui se sont montrés les plus efficaces et en particulier les chlorhydrates de chitosane, formant une pellicule et produisant un effet barrière. Ce mécanisme d'action est confirmé par des analyses au laboratoire. Ce produit pourrait être exploité comme un pansement des plaies de taille, recépage ou curetage, notamment en association avec d'autres micro-organismes. Vis-à-vis des deux pathogènes aériens responsables de l'oïdium et du mildiou de la vigne, le chlorhydrate de chitosane a également montré un potentiel de contrôle qui mérite d'être approfondi.