La culture de la clémentine dans la plaine orientale de Corse est régulièrement confrontée à des attaques de Phytophthora causant surtout des dépérissements d'arbres atteints de gommose et des pourritures de fruits. Si des conditions climatiques peuvent favoriser l'expression de ces maladies, d'autres facteurs tels que des changements de pratiques culturales ou une modification des populations des pathogènes peuvent aussi expliquer cette recrudescence d'épidémies.
Un sondage récent des populations de Phytophthora dans les vergers à l'aide d'outils moléculaires a révélé une forte majorité d'individus de Phytophthora citrophthora représentant plus de 95 % de l'échantillon, confirmant ainsi une étude réalisée 25 ans auparavant.
Une étude moléculaire plus poussée a montré que
P. citrophthora était principalement structuré en deux groupes G1 et G2 représentant 70 et 27,5 % respectivement. Le groupe G1 stérile correspond à la forme de P. citrophthora déjà identifiée dans les années 80. Le groupe G2, de type sexuel A2, représente une nouvelle population très variée.
L'ensemble des isolats s'est montré pathogène sur un large spectre d'hôtes, mais certains isolats du groupe G1 se révèlent aussi pathogènes sur les porte-greffe Poncirus trifoliata et citrange Carrizo connus comme résistants. Ceci montre une évolution de la population de Phytophthora des agrumes qui s'est diversifiée et a acquis potentiellement des capacités adaptatives élargies ; ceci a pu contribuer en partie aux récentes épidémies. Pour limiter l'impact de ces maladies, de bonnes pratiques culturales et une bonne gestion du matériel végétal doivent être appliquées. Clementine crops in the Eastern plain of Corsica regularly face attacks of Phytophthora. Favourable climatic conditions induce disease outbreaks but additional factors such as changes in crop management practices or modification of the pathogenic population can also explain these epidemics.
A recent survey in the population of Phytophthora in citrus orchards using molecular tools revealed that P. citrophthora represented more than 95 % of the sampling, which confirmed a previous study conducted 25 years ago. Further genetic analysis indicated that P. citrophthora was mainly structured in two groups G1 and G2 representing 70 and 27.5 % of the isolates respectively. Group G1, constituted of sterile isolates, corresponds to the P. citrophthora form previously described in the 80's, whereas Group 2 is of the A2 mating type and constitutes a new diversified population. All the isolates were pathogenic on a large range of citrus fruit, but only some isolates from group 1 were pathogenic on Poncirus trifoliata and Carrizo citrange known to be resistant rootstocks.
These results showed an evolution of the Phytophthora population on citrus fruit, which became more diversified and enlarged its potential adaptation capability. This could have contributed partially to the recent epidemics of Phytophthora. To lessen the impact of these Phytophthora induced-diseases, appropriated crop management practices and good plant material management should be applied.