La réduction des intrants chimiques est un enjeu majeur pour la filière viticole. Dans ce cadre, l'utilisation de produits de biocontrôle est une stratégie séduisante. Cependant, pour certaines spécialités à mode d'action particulier (ex. : Stimulateurs de défense des plantes SDP), il n'est pas rare d'observer des niveaux d'efficacité inférieurs lorsqu'ils sont appliqués au vignoble comparativement aux résultats acquis sous serre. Il est envisageable que ce différentiel observé dans l'efficacité au vignoble puisse, pour partie, être expliqué par un gap important entre la dose appliquée lors du criblage des produits de biocontrôle sous serre (avec un pulvérisateur manuel) et celle réellement retenue (à concentration équivalente en produit) sur des feuilles développées au vignoble.

L'objectif principal du projet Delivra (Dose effective du laboratoire au vignoble et pulvérisation adaptée), financé en 2018 par le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB), a été d'évaluer et de caractériser à l'aide d'un colorant alimentaire (tartrazine) les quantités de bouillie retenues par unité de surface pour des vignes conduites sous serre ou au vignoble.

Les résultats révèlent des points de vigilance à garder en tête. Ainsi, sous serre, l'usage d'un pulvérisateur manuel présente quelques défauts qualitatifs, moins perceptibles avec un pulvérisateur à dos. Au vignoble la quantité de traitement retenue est plus faible que sous serre, mais le traitement est mieux réparti à la surface de l'organe traité. L'état de surface d'un organe (feuille) cultivé sous serres ou au vignoble n'est pas le même et peut conditionner l'adhésion de la bouillie au tissu. Par ailleurs, plus qu'une dose préconisée par hectare de surface cadastrale, il pourrait être pertinent d'exprimer et de se référer à une dose rapportée par unité de surface de feuillage (dose effective).