Trouver des solutions efficaces et durables en désherbage est un réel défi. Les nouvelles substances actives doivent à la fois prôner naturel, résilience et efficacité. Les acides gras issus de plantes peuvent répondre à ces exigences.

Dans une recherche d'efficacité et de réduction de l'indicateur de fréquence de traitements phytosanitaires (IFT), Arvalis-Institut du végétal en France a étudié en 2021 et 2022 l'intérêt de l'acide caprylique en défanage de la pomme de terre. Par ailleurs, en outre-mer (Tahiti), la direction de l'agriculture (DAG) de Polynésie française a testé l'acide caprylique et l'acide caprique avant implantation des cultures dans le cadre d'une recherche d'alternative au glyphosate. Les deux acides gras ont également été étudiés en culture d'ananas sur une végétation d'adventices tropicales bien implantées. Les acide gras sont autorisés dans ce pays d'outre-mer en agriculture biologique (NOAB-BioPasifika) et certifiés UAB par la Nouvelle-Zélande (norme Biogro). Les désherbants naturels de ce type ne sont pas autorisés par le règlement européen en agriculture biologique.

Dans une stratégie à deux applications, l'acide caprylique rivalise avec les spécialités du marché en situation de défanage difficile (feuillage dense et à peine sénescent (< 20 %)), avec une action plus ou moins rapide en fonction des conditions d'essai et de l'année : 90 % de destruction des feuilles en moyenne en fin d'essais, il apporte satisfaction ; 70 % de destruction en moyenne des tiges. Dans une stratégie combinant le broyage et l'application de produits, l'acide caprylique présente une efficacité égale, voire supérieure aux spécialités du marché. Les observations réalisées en Polynésie française par la DAG confirment l'intérêt des acides gras naturels (acide caprylique et acide caprique) et du double traitement par une destruction ou un blocage de la croissance des adventices annuelles peu développées. La gestion des adventices vivaces ou bien installées reste plus délicate.