Depuis les années 1960, l'agriculture française s'est peu à peu spécialisée entre productions animales et productions végétales, et en termes d'espèces cultivées, dans le but d'accroître l'efficacité économique des systèmes agrialimentaires (production/transformation/distribution). Cette phase de modernisation a permis d'atteindre les objectifs de production assignés à l'époque mais a aussi engendré des impacts négatifs sur la santé des hommes et de l'environnement. La (re-)diversification de l'agriculture est une voie majeure pour équilibrer production et préservation de l'environnement.
Malgré les bénéfices avérés de la diversification, la spécialisation est toujours à l'oeuvre. La raison en est l'existence de nombreux freins interconnectés, non seulement techniques mais aussi organisationnels et institutionnels (politiques agricoles, réglementation, recherche, éducation, etc.). Ce « verrouillage sociotechnique » ne pourra être surmonté que par une transformation en profondeur des règles du jeu qui gouvernent les systèmes agri-alimentaires actuels.
Les voies permettant de diversifier les systèmes actuels concernent notamment : (1) l'accompagnement des acteurs dans le pilotage du changement de pratiques plutôt que la fourniture de solutions clés en main ; (2) la réorientation de la R&D vers les systèmes de culture (et non plus seulement les cultures individuelles) ; (3) la révision des logiques exclusives de filières ; et (4) une transformation profonde des politiques publiques et de la réglementation vers des mesures favorisant simultanément la diversification des cultures et la transformation des produits qui en sont issus.



