Avec l'interdiction des traitements de semences à base de néonicotinoïdes, des méthodes de lutte alternatives sont évaluées pour gérer les insectes d'automne sur céréales, parmi lesquelles l'association du blé à des plantes compagnes à l'automne.

Le projet Iciba (2020-2023) a permis de tester différentes plantes compagnes en association avec le blé à l'automne, afin d'évaluer leurs résultats technico-économiques et leurs effets sur les pucerons, cicadelles et viroses du blé transmises par ces ravageurs : jaunisse nanisante de l'orge (JNO) et maladie des pieds chétifs. Les plantes compagnes (féverole, pois, vesce?) ont été semées début septembre pour avoir le temps de se développer et le blé a été semé en direct dans les couverts début octobre. Les pratiques de désherbage ont été adaptées.

Parmi les plantes testées, la féverole semble la plus performante : sa rusticité lui permet de mieux résister aux dégâts de ravageurs ainsi qu'aux herbicides et d'avoir une meilleure levée.
En termes de résultats agronomiques, l'association du blé à des plantes compagnes à l'automne a souvent pénalisé le rendement du blé (perte de l'ordre de - 6 q/ha) et n'a pas eu d'effet sur le taux de protéines.
La faible présence de viroses dans les parcelles d'essais ne permet pas de conclure statistiquement sur l'impact des associations, même s'il semble y avoir une tendance à détecter moins de JNO sur les bandes de blé associé par rapport au blé pur.
Les cultures associées ont souvent permis de limiter les vols de pucerons et cicadelles, et favorisé certains auxiliaires tels que des punaises prédatrices ou les carabes. La variabilité des résultats entre sites et la faible pression en pucerons durant le projet ne permettent pas de tirer de conclusions fermes, mais les résultats sur les insectes sont encourageants.
En cas de faible présence de viroses, la pratique ne semble pas rentable. Dans d'autres situations, cela pourrait être différent : forte pression viroses, conditions limitantes en azote?