Une étude de la dynamique épidémiologique du mildiou de la vigne dû à Plasmopara viticola a été menée grâce à l'utilisation de marqueurs micro-satellites (outils de biologie moléculaire présentés dans l'article).
Le suivi d'une épidémie de mildiou dans le Bordelais en 2000 montre une série de contaminations primaires suivies soit d'une faible multiplication asexuée, soit d'une absence de cette multiplication accompagnée de la disparition des génotypes. Ceci révèle l'importance des contaminations primaires issues du stock d'oospores (dits « ?ufs d'hiver ») produites par reproduction sexuée l'année ou les années précédentes. Les contaminations secondaires (clones issus de reproduction asexuée à partir des contaminations primaires) sont moins importantes que ce que l'on croyait jusqu'ici.
L'analyse d'un départ d'épidémie tardive en Gironde en 2001 montre une homogénéité génétique sur un foyer délimité à un instant donné. Elle provient de contaminations secondaires à partir d'une seule contamination primaire. Cela montre le potentiel de contaminations secondaires : capacité de multiplication importante sur un cycle reproductif asexué, mais sur une échelle spatiale limitée.
Ces observations sont cohérentes avec des données issues d'autres vignobles en Europe.
L'importance épidémiologique des contaminations primaires par rapport aux contaminations secondaires a des conséquences pour le raisonnement de la lutte fongicide. Peut-on agir l'été et/ou l'automne pour éviter les contaminations primaires le printemps suivant ? Comment gérer l'épidémie en fonction du type de vignoble avec son climat printanier ? A study of the epidemiological dynamics of downy mildew caused by Plasmopara viticola has been carried out using micro-satellite markers, molecular biology tools which are described in the article.
The monitoring of a downy mildew epidemic in the Bordeaux region in 2002 shows a series of primary infections, followed either by low-level asexual multiplication or by no multiplication whatsoever with a disappearance of genotypes. This shows the higher number of primary infections from oospores (known as « winter eggs ») produced by sexual reproduction in previous years. Secondary infections (i.e. clones resulting from asexual reproduction from primary infections) are less common than previously thought.
The analysis of a late outbreak in the Gironde in 2001 shows genetic homogeneity for a given focus of infection at a given time. It is the result of secondary infections from one single primary infection, and thus illustrates the potential of secondary infections : a high multiplication capability on an asexual reproductive cycle, but over a limited space scale.
These observations are coherent with data emanating from other vineyards in Europe.
The high level of primary infections compared to secondary infections has important consequences for integrated fungicide management. Should treatments be made in Summer/Autumn to prevent primary infections the following Spring? How best to manage the epidemic according to the vineyard type and its Spring climate?