La mise au point de variétés de pomme de terre résistantes à des bioagresseurs est de plus en plus souhaitée en France, notamment pour diminuer l'utilisation des fongicides et nématicides dans le cadre du plan Ecophyto. Cela donne un intérêt particulier aux travaux que l'Inra mène depuis 1982 pour la résistance au mildiou, et depuis 1988 pour la résistance au nématode à kyste Globodera pallida.

L'Inra a recherché des gènes de résistance dans les pommes de terre (Solanum tuberosum) et d'autres solanées à tubercules (Solanum spp.) de la collection de son Centre de ressources biologiques (CRB), à Ploudaniel (Finistère). Par sélection classique, des géniteurs améliorés pour la résistance au mildiou et au nématode à kyste ont été obtenus. Les différentes étapes de ces processus sont décrites, ainsi que les types de résistance obtenus (monogéniques ou polygéniques), leurs déterminants et leur durabilité en lien avec leur nature et leurs interactions.
Ces géniteurs ont été mis à disposition des quatre obtenteurs français afin qu'ils les utilisent pour créer des variétés résistantes.

De 2008 à 2014, six variétés améliorées (trois résistantes au mildiou et trois à G. pallida) ont été inscrites. Les conditions permettant une durabilité maximum des résistances face au risque de contournement (par le mildiou notamment) sont de mieux en mieux connues et prises en compte dans le développement des géniteurs améliorés.

Le travail continue et, grâce notamment à la SAM, de nouvelles variétés améliorées pourraient rapidement voir le jour. La connaissance des mécanismes de résistance permet un accompagnement de type lutte intégrée : conjugaison de la lutte génétique avec d'autres méthodes, notamment la prophylaxie et un usage des fongicides raisonné gâce à l'utilisation d'OAD.