La question des expositions professionnelles aux produits phytopharmaceutiques suppose de bien différencier ce qui relève des obligations réglementaires, de la conception des équipements et des pratiques de l'utilisateur.
Cet article rappelle les textes réglementaires en lien avec les équipements d'application des produits phytopharmaceutiques. Il met en perspective les obligations réglementaires des concepteurs et les pratiques sur le terrain, suggérant des évolutions possibles pour améliorer la sécurité des opérateurs. Ce travail s'appuie sur des entretiens avec les constructeurs de pulvérisateurs, concessionnaires, spécialistes en agronomie et en application des produits et les utilisateurs, ainsi que l'analyse des situations réelles d'exposition des utilisateurs.
La réglementation fixe des « exigences essentielles » aux concepteurs de pulvérisateurs, d'application obligatoire. Elle renvoie à des normes qui détaillent les moyens techniques permettant aux fabricants d'y répondre, mais ces derniers ne sont pas obligés d'y recourir. Trois voies d'amélioration ont été identifiées : 1/ la meilleure prise en compte de l'utilisation réelle du pulvérisateur par les constructeurs lors de la conception de nouveaux pulvérisateurs. 2/le conseil approprié des concessionnaires en fonction des besoins des utilisateurs. 3/ une meilleure maîtrise des principes de fonctionnement, de régulation et de réglage des pulvérisateurs par les agriculteurs, leur permettant de choisir au mieux un pulvérisateur qui correspond à leurs besoins. Des échanges objectifs entre constructeurs, concessionnaires, firmes phytopharmaceutiques et utilisateurs sont indispensables pour faire progresser les équipements dès leur conception, en appliquant de manière pertinente la réglementation et la normalisation. ? cela doivent s'ajouter la formation et le développement des compétences de tous les acteurs : de la conception à l'utilisation, en passant par le conseil.



