La pulvérisation ciblée permet de détecter les adventices et d'appliquer un herbicide uniquement sur celles-ci. Cette technique se développe en temps différé via des prestations de service, mais elle est plus en retard en temps réel, même si elle est plus simple à gérer pour l'agriculteur, car les capteurs communiquent directement avec les buses. Peu de matériels sont actuellement commercialisés. Ils restent surdimensionnés pour les exploitations de petites et moyennes tailles qui ne peuvent pas ou ne veulent pas partager leur matériel.
Arvalis, en partenariat avec l'entreprise CarbonBee, a évalué des pulvérisateurs dont l'électronique et la régulation ont été modifiées a posteriori pour réaliser de la pulvérisation ciblée sur les Digifermes. La qualité des algorithmes et la capacité du pulvérisateur à appliquer les ordres reçus ont été validées.
Parmi les parcelles testées sur maïs ou sur prairie, l'économie de produit varie de 75 à 95%. Cette économie est essentiellement dépendante du taux de salissement de la parcelle, de la forme et de la taille des taches d'adventices, ainsi que de la configuration des tronçons du pulvérisateur.
Concernant la qualité des algorithmes de détection, le taux de bonne détection (présence ou absence d'adventices) est de l'ordre de 70 à 90% selon les algorithmes. Les erreurs sont dues le plus souvent à des faux positifs : le capteur a détecté une adventice alors qu'il n'y en avait pas. L'entraînement sur de nouvelles images permet de les améliorer.
Le taux de bonne application varie de 70 à 90% et dépend des caractéristiques du pulvérisateur et de l'organisation des adventices. Il est plus facile de respecter un rond d'adventice de grande taille que des adventices isolées qui obligent à ouvrir et fermer les buses, que ce soit sur la largeur de la rampe ou dans le sens d'avancement. Ces résultats sont comparables à ceux obtenus sur les pulvérisateurs de première monte.
Selon l'évaluation multicritère via le logiciel Systerre, la technologie (détection et application en simultané sur un pulvérisateur existant) peut tout à fait s'intégrer dans une exploitation mais sa rentabilité dépendra du choix du mode de propriété en fonction des hectares traités, du nombre de cultures traitées par la pulvérisation ciblée, et de la surface détectée et donc traitée.



