Après des échecs ou des difficultés de désherbage du coquelicot à l'aide d'herbicides analogues d'auxines végétales (groupe HRAC O) en céréales, l'hypothèse de la présence d'une résistance à ces herbicides en France a été étudiée.

Des tests biologiques avec des herbicides du groupe O ont été effectués sur des populations provenant de parcelles « à problème ».
Des tests moléculaires (par PCR) ont également permis de rechercher la présence de mutations causant une résistance aux herbicides inhibiteurs de l'ALS (groupe HRAC B) dans ces populations.

Les tests biologiques ont montré l'existence d'une résistance aux deux herbicides du groupe O étudiés (2,4-D et MCPA) dans sept populations d'origines diverses.
Les tests PCR ont également détecté une forte fréquence de mutations au codon 197 de l'ALS entraînant une résistance aux herbicides du groupe B dans ces populations.
Des plantes résistantes au 2,4-D et/ou au MCPA contiennent aussi des mutations de l'ALS, et sont donc également résistantes aux herbicides du groupe B.
La résistance à ces deux modes d'action herbicides est une très mauvaise nouvelle pour le contrôle chimique du coquelicot en céréales. Notre étude souligne encore une fois la nécessité de bien raisonner l'emploi des herbicides, et de les intégrer dans un ensemble aussi diversifié que possible de pratiques de désherbage.