On l'a montré en analysant les gènes de résistance du vulpin par les outils de la biologie moléculaire à l'échelle d'un département
Nous avons étudié la dissémination de gènes de résistance aux herbicides chez le vulpin (Alopecurus myosuroides) en recherchant la présence de résistance à des herbicides dans des populations collectées dans des parcelles « biologiques ». Ces parcelles contenaient en moyenne 75 % de plantes résistantes (80 % dans des parcelles conventionnelles). Des allèles de résistance identiques ont été identifiés dans des parcelles « biologiques » et « conventionnelles » situées à quelques kilomètres de distance. Les flux de gènes paraissent essentiellement dus au pollen.
Une faible densité d'adventices dans une parcelle semble faciliter la « contamination » de cette parcelle par du pollen extérieur : un contrôle efficace du vulpin semble paradoxalement favoriser l'introduction de la résistance depuis des parcelles voisines.
Ceci plaide pour un raisonnement du désherbage à une échelle plus large que la parcelle ou l'exploitation.
Summary
We investigated the dissemination of genes endowing herbicide resistance in black-grass (Alopecurus myosuroides) by seeking herbicide resistance in populations collected in 'organic' fields. Organic fields contained on average 75% herbicide-resistant plants (80% in conventional fields). Identical resistance alleles were found in organic and conventional fields located a few kilometres apart. Gene flow is likely chiefly due to pollen. Occurrence of low weed density in a field seems to enhance the 'contamination' of this field by alien pollen: effective black-grass control unexpectedly seems to promote resistance transfer from neighbouring fields. This is in favour of considering weed control at a geographical scale broader than the individual field or farm.
Key words: wind-pollinated species, gene flow, concerted weed management, organic agriculture, herbicide resistance.



