Le 2 décembre 2025, l’association Contrat de solutions a présenté un bilan de ses actions. Depuis sept ans, elle identifie des pratiques alternatives de protection des cultures.

2026 02 12 170426Journée multipartenaire avec les acteurs agricoles du Finistère.
Photo : Contrat de solutions

Créée en 2019, l’association Contrat de solutions fédère 44 organisations agricoles publiques et privées (chambres d’agriculture, coopératives, instituts techniques, industriels) autour d’un objectif commun : identifier et diffuser des solutions concrètes de protection intégrée des cultures pour réduire l’usage et l’impact des produits phytopharmaceutiques tout en préservant la production et la biodiversité. Sa démarche repose sur trois axes : accélérer l’appropriation de solutions existantes, partager les connaissances et réussites terrain, et favoriser le dialogue avec la société.

 

Variétés résistantes : taux d’adoption variables

En blé tendre, 75 % des surfaces en production de semences utilisent des variétés résistantes aux maladies fongiques, contre 41 % en 2018. Cette évolution permet une réduction moyenne de 15 % de l’usage des fongicides. La betterave affiche 50 % de surfaces cultivées avec des variétés tolérantes aux maladies foliaires (37 % en 2021).

Pour la pomme de terre, les surfaces en plants certifiés résistants ont augmenté d’un tiers depuis 2017. La variété Zen progresse de 462 % et Tentation de 155 %. En viticulture, les surfaces plantées avec des variétés tolérantes au mildiou et à l’oïdium ont été multipliées par dix.

63 % de la surface française de pomme de terre est pilotée par des outils d’aide à la décision, permettant d’économiser jusqu’à cinq traitements selon les conditions climatiques et variétales. Les ventes de matériel de travail du sol, de semis et de fertilisation ont progressé de 38 %, entre 2020 et 2023.

Pratiques agronomiques et biocontrôle

Les surfaces de colza associé à des légumineuses atteignent 260 000 ha (+40 % depuis 2016), soit 20 % de la sole française. Cette pratique réduit la pression des insectes ravageurs d’automne, bien que sa mise en oeuvre reste exigeante.

En biocontrôle, la lutte anti-limaces à base de phosphate ferrique enregistre une forte progression, passant de 9 % à 41 % de parts de marché. L’usage des trichogrammes contre la pyrale du maïs se maintient entre 18 et 22 % des surfaces. En viticulture, la confusion sexuelle couvre 17 % du vignoble français et permet d’économiser un à deux traitements insecticides.

L’outil d’auto-diagnostic AgriBEST compte 2 140 utilisateurs ayant analysé 140 000 ha, avec 57 % des agriculteurs engagés dans une démarche de progrès après évaluation. 133 initiatives territoriales sont recensées. Le programme « A Fleurs de ferme pour les abeilles » totalise 344 ha de bandes fleuries et 537 agriculteurs participants depuis 2021. Les bandes fleuries ont doublé leurs surfaces, entre 2020 et 2024.

Déploiement sur le terrain et perspectives

L’association s’appuie sur 120 fiches solutions techniques et sur les réseaux de conseil : 13 chambres d’agriculture régionales, 20 % des négoces et 21 coopératives sont mobilisés. Plus de 50 journées territoriales ont été organisées depuis 2022, touchant 4 000 jeunes en formation et 800 agriculteurs.

Hervé Lapie, président de l’association, identifie trois freins principaux au déploiement à plus large échelle : le coût de certains équipements, le besoin d’accompagnement technique et la complexité de mise en oeuvre.

Pour 2026, l’association prévoit d’intensifier ses actions de terrain avec une quinzaine de journées techniques multi-partenaires programmées entre janvier et avril. De nouvelles fiches solutions sont en cours de validation.