L’Anses a confirmé le foyer de nématode du pin détecté dans les Landes en novembre dernier. Rappel des mesures obligatoires et des dispositifs d’aides en cas de coupes.
Le nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus) est un ver microscopique qui attaque les conifères. Il est classé organisme de quarantaine prioritaire par l’Union européenne.
Photo : Abhinav Gorantla / Unsplash
Dans le cadre de la surveillance officielle des organismes de quarantaine, le laboratoire national de référence de l’Anses a confirmé, le 23 décembre 2025, la détection d’un foyer de nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus)1 dans la commune de Seignosse (Landes). Les investigations indiquent un foyer ponctuel détecté précocement.

Mesures de lutte obligatoires
La réglementation européenne impose plusieurs actions. Les arbres symptomatiques doivent être abattus et détruits dans des conditions sécurisées pour éviter toute dissémination. Tous les végétaux sensibles situés autour des arbres infestés font l’objet d’une coupe préventive. Cette mesure permet d’éradiquer les arbres asymptomatiques qui, bien qu’apparemment sains, constituent des réservoirs de nématodes à partir desquels l’insecte vecteur peut disséminer la maladie au printemps.
Méthodes autorisées
Le bois issu des coupes peut être valorisé dans des conditions sécurisées permettant d’éliminer le ver et son vecteur. Les méthodes autorisées comprennent l’utilisation dans des chaufferies, la fabrication de papier ou de panneaux de particules et le sciage avec séchage à haute température. Le transport doit s’effectuer vers des établissements désignés respectant les protocoles de sécurité. Les rémanents de coupe et les jeunes arbres d’espèces sensibles doivent être broyés sur place.
Soutien financier
Pour ce premier foyer sur le territoire national, l’État prend en charge les coûts directs liés aux mesures de lutte obligatoire. Cela inclut la destruction des arbres symptomatiques, la sécurisation de l’abattage, le transport et le traitement des bois asymptomatiques dans des établissements désignés, ainsi que le broyage des rémanents et des jeunes arbres sensibles. Le dispositif d’aide au renouvellement forestier France Nation Verte a été momentanément suspendu tant que de nouveaux crédits n’ont pas été alloués.
Coordination locale
Le préfet de Nouvelle-Aquitaine a réuni les acteurs locaux concernés (propriétaires forestiers, professionnels de la filière bois, services de l’État) pour coordonner la mise en œuvre des mesures et éviter la propagation du ravageur à d’autres massifs forestiers.
Signalement
Toute suspicion de présence du nématode du pin sur résineux, toute mortalité ou dépérissement brutal de végétaux sensibles est à signaler en utilisant le formulaire « Démarches simplifiées » accessible sur le site de la DRAAF2. La surveillance du territoire est assurée par les services régionaux de protection des végétaux, en collaboration avec le réseau Fredon et le Département de la santé des forêts.
(1) Le nématode du pin est un ver microscopique d’environ 1 mm, originaire d’Amérique du Nord, qui attaque les conifères, principalement les pins. Sa prolifération bloque la circulation de la sève et provoque la mort des arbres infestés. L’organisme se transmet par le coléoptère Monochamus galloprovincialis. Classé organisme de quarantaine prioritaire par l’Union européenne, il a été détecté pour la première fois dans l’UE au Portugal en 1999, puis en Espagne en 2008. En France, 350 millions de m³ de bois sur pied sont sensibles à ce ravageur, sur un volume total de 2 761 millions de m³.
(2) https://draaf.nouvelle-aquitaine.agriculture.gouv.fr/nematode-du-pin-r466.html



