La production de tomate est sérieusement menacée à la Réunion par des maladies à bégomovirus transmises par l'aleurode Bemisia tabaci . Alors que dans les départements français d'Améri-que ce sont des bégomovirus à génome bipartite qui ont été identifiés (article paru dans Phytoma-LdV n° 556 de janvier 2003, pp. 52 à 55), à la Réunion c'est le Tomato yellow leaf curl virus (TYLCV) qui est pour l'instant le seul responsable des dépérissements.
Des études de caractérisation moléculaire du TYLCV et de son vecteur, ont débouché sur l'hypothèse d'une introduction récente à la Réunion et d'une seule origine géographique du virus, et ont montré la prépondérance du biotype B de B. tabaci dans les bassins de production maraîchère ainsi que l'existence d'un biotype de B. tabaci endémique du sud-ouest de l'Océan Indien.
Différentes stratégies de lutte ont été mises en place par les organismes de recherche, de contrôle et de développement.
La stratégie de lutte comprend un appui technique auprès des agriculteurs, l'accélération des procédures de certification des plants maraîchers, l'inventaire des parasitoïdes du vecteur et leur utilisation sous abris en lutte intégrée, le renforcement des contrôles du Service de la Protection des Végétaux à l'importation et des essais de produits chimiques pour lutter contre le vecteur.
Par ailleurs, quelques nouvelles variétés alliant résistance et intérêts agronomique et commercial ont déjà pu être préconisées sur l'île après quatre années d'essais menés chez les maraîchers. Néan-moins, des tests en conditions contrôlées ont montré qu'une augmentation de la pression d'inoculum entraînait une baisse de l'efficacité de ces résistances.
La recherche de nouvelles sources de résistance plus efficaces ainsi que l'identification des stratégies de lutte intégrée les plus adaptées aux conditions locales restent l'enjeu des projets à venir, en collaboration inter-DOM, mais également à travers des coopérations régionales. The tomato production has been seriously threated in La Réunion by the Tomato yellow leaf curl virus (TYLCV), a begomoviruses vectored by the whitefly Bemisia tabaci.
Molecular characterisation of the TYLCV and its vector had led to the hypothesis of a recent introduction and only one geographical origin for the virus.
The predominance of the B-biotype of B. tabaci in the cropping area has been observed.
The presence of an indigenous biotype in the area of the south west of the Indian Ocean was also evidenced.
Several pest and disease management strategies were organised by the research, control and development institutions.
Strategies include :
? technical and financial support to farmers,
? speeding of the plants certification process,
? inventory of the parasitoids of the vector and their use in the integrated pest management in greenhouses,
? increase of the Service de la Protection des Végétaux* controls at importation,
? tests of chemicals efficiency for managing the vector.
Control strategies using resistant cultivars are also developed ; some new resistant varieties with good agronomical qualities have already been recommended after 4 years of experimentation in La Réunion.
However, experiments in laboratory conditions have shown that an increase in the inoculum levels lowers the resistance efficiency.
Research of new and more efficient resistance sources, as well as the identification of better strategies for local integrated pest management are the goal of all the forthcoming projects which will be done through an inter-FOD and a regional cooperation.
* French official phytosanitary services.



