Le pommier est la cible de nombreux bioagresseurs nécessitant un nombre élevé de pesticides conventionnels. Vu leur restriction programmée dans les prochaines années, il est urgent d'identifier des produits alternatifs (biocontrôle notamment) efficaces.

Un laboratoire de recherche (Inrae IRHS) et plusieurs stations expérimentales réparties dans les trois bassins français de production de pommes ont exploré les potentialités du phosphonate de potassium sur le pommier et ses bioagresseurs.

En laboratoire, le phosphonate de potassium présente une activité protectrice reproductible et significative vis-à-vis des trois bioagresseurs étudiés : Venturia inaequalis, agent de la tavelure, Erwinia amylovora, agent du feu bactérien, et Dysaphis plantaginea, le puceron cendré. Il a un fort effet fongicide, associé à un effet bactéricide et insecticide très modéré. Son action est double : directe, en particulier fongicide, tout au moins vis-à-vis de V. inaequalis ; et indirecte via l'induction des défenses de la plante.
En verger, en situation de contamination naturelle, la substance offre une protection significative vis-à-vis de la tavelure et des gloéosporioses, permettant une diminution du nombre de traitements conventionnels.