La carie commune du blé est en réémergence depuis une quinzaine d'années en Europe du Nord et de l'Est, en particulier en agriculture biologique. Elle peut aussi s'avérer problématique en agriculture conventionnelle, dans le cas d'un sol contaminé, en l'absence d'un traitement de semences systémique. Son développement peut occasionner d'importantes pertes de rendement.
La carie commune est attribuée à Tilletia caries et T. laevis (ex-foetida), avec une forte prévalence de la première espèce. La seconde, auparavant endémique du pourtour méditerranéen, est désormais omniprésente sur le territoire. La contamination s'effectue par les semences et/ou le sol.
Différents moyens de lutte en combinaison peuvent permettre de lutter contre la carie commune du blé, en commençant par l'utilisation de semences saines. L'implantation d'un blé dans une parcelle infectée devrait respecter idéalement un délai de cinq à dix ans, durée de conservation des spores dans le sol. Autres mesures prophylactiques : réduire le travail du sol pour diminuer l'inoculum, favoriser une levée rapide, nettoyer rigoureusement les matériels. Depuis 2021, le Comité technique permanent de la sélection des plantes cultivées (CTPS) a introduit le caractère de résistance à la carie dans ses critères pour l'inscription des variétés de blé au catalogue officiel, permettant d'identifier des variétés à résistance intermédiaire. Il n'existe pas de méthode de lutte curative en végétation. Seuls des traitements fongicides des semences peuvent protéger les plantes contre le développement des spores présentes sur les semences ou dans le sol.



