La présence de plantes adventices dans une culture est généralement associée à une perte de rendement. Or, dans un contexte d'interdiction de nombreuses substances herbicides, l'effet d'une régulation naturelle par les organismes consommateurs de graines (granivores) sur la dynamique des adventices et le rendement de la culture reste peu quantifié.

Une équipe de l'UMR Agroécologie (Inrae et Institut Agro) a mené une étude sur 28 parcelles de blé en région Bourgogne-Franche-Comté en 2021 et 2022, comparant des systèmes en agriculture de conservation des sols et en agriculture conventionnelle. Différentes cages expérimentales incluant ou excluant les granivores vertébrés et invertébrés (principalement carabes et petits mammifères) ont été installées pour quantifier leur impact sur le développement des adventices et donc indirectement sur le rendement de la culture.

La cage « Contrôle » (sans granivores ni ajout de graines adventices) a permis d'évaluer le rendement maximal de blé en l'absence de compétition avec les adventices, tandis que la cage « Sans prédation » de graines adventices (sans granivores et avec ajout de graines adventices) révèle que la compétition adventice/culture cause une réduction moyenne de 80% du rendement de blé. La cage « Prédation partielle » (permettant l'accès des invertébrés granivores uniquement) et la cage « Prédation totale » (permettant l'accès des invertébrés et des vertébrés granivores) ont permis de limiter cette perte à respectivement 45% et 60%. Dans les parcelles en agriculture de conservation des sols, la biomasse adventice est plus faible qu'en agriculture conventionnelle mais le rendement du blé n'est pas significativement plus élevé.