Depuis près de cinquante ans, le ragondin et le rat musqué, rongeurs aquatiques importés des Amériques, nuisent aux biotopes qu'ils occupent au plan agricole mais aussi hydraulique, environnemental ou de la santé publique.
Les luttes collectives conduites contre ces organismes nuisibles n'ont pas permis de freiner l'expansion des deux espèces.
Quand les moyens humains et financiers sont suffisants, les populations sont maîtrisées sous leur
seuil de nuisibilité. Mais l'effort doit rester constant. Or, l'abandon de la lutte chimique en 2006 remet en cause ce fragile équilibre.
Après un rappel des grandes lignes de l'arrêté du 8 juillet 2003, l'auteur précise les nouvelles conditions de la lutte chimique dans la phase transitoire avant l'abandon : contraintes réglementaires supplémentaires mais aussi aspects positifs du texte.
L'arrêté donne une place privilégiée aux Groupements de défense contre les organismes nuisibles et à leurs fédérations agréées.
L'obligation d'un partenariat pour fabriquer et appliquer les appâts peut être un atout pour renforcer les luttes collectives sur le terrain.
D'autre part, des outils techniques et réglementaires nouveaux ou reprécisés apparaissent comme pouvant améliorer l'efficacité des luttes.
Sur le terrain, les fédérations ne perçoivent pas toujours cela. C'est pourquoi sont rappelés l'intérêt et les principes de la lutte collective puis est exposée la stratégie envisageable après 2006 pour réguler efficacement les populations de rongeurs aquatiques nuisibles, basée sur la mobilisation de toutes les bonnes volontés, l'organisation rigoureuse des opérations de lutte, l'usage raisonné des techniques de lutte disponibles, un suivi réel de l'évolution des populations et une politique de motivation des acteurs pour pérenniser les actions. For nearly fifty years now, the coypu and the muskrat, two aquatic rodents imported from the American continent, have been causing damage to the biotopes which they inhabit in France; damage to agriculture, to water, to the environment and to public health.
Collective methods aimed at controlling these two species have not succeeded in slowing down their expansion. Where sufficient human and financial means are available it is possible to maintain pest populations below the damage threshold but this requires constant, continuous efforts. With chemical control due to be abandoned as of 2006, in application of a governmental act dated 8 July 2003, the balance could be called into question.
The article provides a recap of the main conditions stipulated by the governmental act and then goes on to specify the conditions for chemical control during the remainder of the transitional period prior to abandonment, focusing on the new legislative constraints but also several positive aspects.
Finally, the authors explain the principles and advantages of collective control and outline the rodent population control strategies which may be envisaged after 2006: collective mobilisation, good organisation of control operations, judicious use of all available control techniques, reliable population tracking and means of motivating the key players in order to ensure the sustainability of actions.