Des chercheurs d'Inrae ont réalisé une avancée majeure dans la prédiction micro-météorologique à l'échelle de la parcelle agricole. Utilisant un supercalculateur, ils ont simulé, avec une résolution spatiale et temporelle de l'ordre du mètre et de la milliseconde, respectivement l'évolution des échanges de masses d'air, de flux de chaleur et d'évaporation sur une parcelle forestière de 5 x 5 km, de 4 h à 9 h du matin. Cette période est cruciale mais peu étudiée à cette échelle à cause de sa forte variabilité temporelle liée au réchauffement de la surface.

La simulation a permis d'identifier des différences dans les échanges entre la forêt et l'atmosphère selon l'intensité du vent, et de reproduire un rejet massif de CO2 par la forêt en début de matinée dans des conditions de vent faible. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour améliorer les modèles météorologiques et climatiques. En effet, l'utilisation de modèles ne prenant pas en compte l'hétérogénéité des surfaces peut conduire à des erreurs de prédiction des conditions à l'échelle territoriale.

Des travaux sont en cours pour étendre ces simulations à des paysages plus complexes, incluant des cultures, des forêts et des reliefs vallonnés. L'objectif est de quantifier l'impact des hétérogénéités du paysage sur le microclimat et d'identifier des stratégies d'aménagement des paysages agricoles pour atténuer les effets du changement climatique sur les cultures.

VV