Dans une étude parue dans la revue Weed Research, des scientifiques du laboratoire de la santé des végétaux (LSV) de l'Anses et de l'UMR Agroécologie de l'Inrae ont comparé la diversité de la flore adventice (dans les cultures et aux bords des champs) dans des parcelles ensemencées d'une part avec des variétés de tournesol rendues tolérantes aux herbicides (VRTH) et, d'autre part, avec des variétés classiques cultivées selon l'agriculture conventionnelle ou biologique. Ils montrent que les cultures avec des VRTH présentent une moindre diversité d'espèces adventices à l'intérieur des parcelles, au contraire des cultures biologiques semées avec des variétés classiques. Cette différence serait liée non pas directement aux variétés utilisées mais à des pratiques agricoles différentes selon les variétés utilisées, les agriculteurs cultivant des VRTH réalisant plus de traitements herbicides (en moyenne 1,5 dose/an contre 1,25 avec des variétés classiques en conventionnel). La biodiversité semble être moins touchée en bordure de parcelle, d'autres facteurs (sol, climat, paysage?) exerçant une influence déterminante.
Un focus particulier a été porté sur Ambrosia artemisiifolia (de la même famille que le tournesol, ce qui complique le désherbage chimique). L'étude, menée entre 2017 et 2019 sur trois départements (l'Isère où l'ambroisie est fréquente, le Cher où sa présence est moyenne et la Côte d'or où il y a peu d'ambroisie) relève qu'il y a autant, voire plus d'ambroisie dans les cultures de VRTH que dans celles conventionnelles. L'abondance de celle-ci dépendait plus de la zone géographique ou de la fréquence de retour du tournesol dans la rotation des cultures que du type de variété employé. Une explication serait que les agriculteurs cultivant des variétés classiques en agriculture conventionnelle ou biologique diversifient plus leurs rotations, alors que ceux avec des VRTH ont tendance à cultiver surtout du tournesol.
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