L'Institut français de la vigne et du vin (IFV) et Inrae ont utilisé les méthodes de mesure de la dérive développées récemment sur le banc d'essai EoleDrift afin d'évaluer les performances d'aménagements parcellaires susceptibles de réduire la dérive et les pollutions diffuses qu'elle génère. Parmi les dispositifs étudiés figure notamment l'implantation de haies arbustives ou de filets de type brise-vent à l'interface entre la parcelle traitée et la zone sensible. L'effet de ces aménagements sur l'exposition des riverains a été jusqu'ici peu documenté dans la bibliographie.

L'IFV et Inrae ont réalisé plusieurs essais en 2022 et 2023 afin d'évaluer l'impact de la présence de diverses barrières physiques sur les niveaux de dérive de pulvérisation atteignant les zones sensibles voisines des parcelles traitées. Cette étude a été menée avec différents types de pulvérisateurs permettant d'étudier les performances des barrières physiques dans différents contextes. Ces travaux ont été effectués dans le cadre des projets Capriv (2021-2022) et DriftProtect (2023-2024).

Les barrières physiques permettent une réduction significative de la dérive. Quel que soit le matériel de pulvérisation utilisé et quel que soit le type de dérive mesurée (dérive aérienne sur un plan vertical, dérive sédimentaire sur un plan horizontal et exposition sur mannequins), les taux de réduction constatés en présence de l'une ou l'autre des barrières physiques mises à l'essai (haie ou filet) sont relativement stables et élevés. Combiner ces dernières avec un matériel de pulvérisation performant permet d'atteindre des taux de réduction supérieurs à 95%.