Réduire ou se passer de l'usage d'herbicides en grandes cultures tout en maintenant des objectifs ambitieux de production et de rentabilité implique la mise en oeuvre de stratégies systémiques de gestion des adventices. Mieux comprendre la perception des agriculteurs pour mieux appréhender les liens entre le processus de décision et les stratégies de gestion est devenu essentiel.
562 agriculteurs suisses en grandes cultures ou polyculture-élevage ont répondu à une enquête fin 2022 sur leur perception des adventices, les critères de décision sur lesquels ils se basent pour les gérer et les moyens de lutte mobilisés à l'échelle du système de culture.
Les effets négatifs des adventices (augmentation du stock semencier, perte de rendement, etc.) sont perçus comme plus importants que les effets positifs qu'elles peuvent procurer (ressource alimentaire, couverture du sol, etc.). 93% des agriculteurs enquêtés déclarent que l'observation des adventices dans leurs parcelles est un critère de décision important pour déclencher une intervention de désherbage, mais plus de la moitié n'utilisent pas les seuils d'intervention préconisés dans l'ordonnance pour les paiements directs. Afin de réduire l'usage d'herbicides, les leviers alternatifs les plus cités sont « la gestion de l'interculture », « l'alternance des cultures dans la rotation » et « l'insertion de prairies ».



