Face à la demande politique et sociétale de réduction de l'usage des produits phytopharmaceutiques chimiques, une réponse est une interdiction des produits les plus préoccupants au profit de solutions « alternatives » si ce n'est de substitution. Une autre réponse consiste à optimiser les applications pour limiter les pertes.

L'étude présentée pose l'hypothèse qu'il est possible de réduire la dose de produit phytopharmaceutique appliquée au champ sans influencer l'efficacité, en sélectionnant des créneaux d'application pour lesquels les conditions climatiques sont plus favorables. Les applications ont été réalisées en fonction du stade de croissance de la culture et lorsqu'un traitement s'avérait nécessaire. Les créneaux horaires de pulvérisation favorables ont été sélectionnés grâce à l'application Hygo qui agrège les données climatiques locales sur plusieurs jours pour les intégrer dans un algorithme de décision.

Dans le cas de la septoriose du blé, les doses pleines et réduites se sont avérées plus efficaces lorsqu'elles étaient appliquées dans des conditions optimales par rapport aux modalités avec application à des moments inappropriés pour la pulvérisation. Pour le colza d'hiver, la réduction de dose suggérée n'a pas révélé de perte significative de l'efficacité fongicide. De même, en désherbage, il n'y a pas eu de diminution de l'efficacité sur maïs pour les deux doses, pleine et réduite, appliquées dans des conditions optimales. En revanche, une diminution significative de l'efficacité a été constatée lorsque la dose réduite a été appliquée dans des conditions jugées défavorables, attestant de la justesse du conseil de réduction qui n'est pas généralisable à toutes les conditions.